Crise politique en Guinée, le Réseau Libéral Africain prend position !

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Résolution du Réseau Libéral Africain du 15 Février 2020 sur la crise socio-politique en
République de Guinée
Le Réseau Libéral Africain,
-Vu sa résolution antérieure sur la République de Guinée du 30 décembre 2019,
-Vu la Déclaration Universelle des droits de l’homme de 1948,
-Vu le Pacte international relatif aux droits civils et politiques de 1966,
-Vu la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, adoptée le 27 juin 1981 et entrée
en vigueur le 21 octobre 1986,
-Vu la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance adoptée le 30 janvier
2007,
– Vu le Protocole de la CEDEAO A/SP1/12/01 sur la démocratie et la bonne gouvernance
additionnel au protocole relatif au mécanisme de prévention, de gestion, de règlement des
conflits, de maintien de la paix et de la sécurité de 2001,
-Vu la Constitution de la République de Guinée, approuvée par le Conseil national de transition
le 19 avril 2010 et adoptée le 7 mai 2010,
-Vu le Manifeste libéral panafricain adopté en 2012,
-Vu le Manifeste Libéral adopté à Andorre en 2017,
Considérant les récents développements de la crise politique en Guinée née de la volonté du
Président de la République, Alpha Condé, de changer de Constitution à l’effet de s’octroyer un
troisième mandat ;
Considérant que cette initiative du Président guinéen est source de violences et constitue une
menace pour la démocratie, la paix et la stabilité ;
Rappelant son attachement à la limitation des mandats présidentiels, tel qu’indiqué dans le
Manifeste libéral panafricain adopté lors de son Assemblée Générale à Abidjan en 2012 ;
Convaincu que la limitation constitutionnelle des mandats présidentiels favorise l’alternance
démocratique et évite la détention du pouvoir suprême par une seule personne pendant une
période prolongée ;
Désapprouvant toute tentative de remise en cause d’une telle disposition dès lors qu’elle est
adoptée par un État ;
Condamnant l’obstination du Président guinéen à changer la Constitution de son pays à huit mois
de la fin de son second et dernier mandat dans le seul but de pouvoir briguer, à 83 ans, un
troisième mandat ;

Le RLA soutient et encourage le Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) –
coalition des partis politiques de l’Opposition, des syndicats et des organisations de la société
civile- qui se bat avec courage et détermination contre ce projet de changement de Constitution
malgré la répression impitoyable dont ses partisans font l’objet.
Le Réseau Libéral Africain est fortement préoccupé par l’usage récurrent des armes létales en
Guinée lors des manifestations politiques ou syndicales. Ces pratiques, encouragées par
l’impunité dont jouissent les agents des forces de défense et de sécurité, ont déjà occasionné la
mort par balles de 134 manifestants dont une trentaine lors des manifestations contre le
changement de Constitution.
Le Réseau Libéral Africain condamne ces violations des droits humains et des libertés
fondamentales qui sont contraires à la Constitution et aux lois guinéennes, mais également aux
engagements internationaux de la République de Guinée.
En raison des risques et menaces que comporte ce changement de Constitution sur la
démocratie, la paix et la stabilité du pays et de la sous-région, soucieux d’éviter à la Guinée un
autre épisode de violences électorales, et conformément aux principes sur la réforme politique et
les droits civiques du Manifeste libéral pour l’Afrique, le Réseau Libéral Africain demande à la
CEDEAO, à l’Union africaine, à l’Union européenne et aux Nations Unies à user de leur influence
pour amener Monsieur Alpha Condé à :
1. arrêter de massacrer ses compatriotes ;
2. respecter la Constitution de son pays en renonçant à son projet illégal et conflictogène de
troisième mandat ;
3. parachever les élections locales conformément au Code électoral et à l’Arrêt de la Cour
suprême rendu le 26 Décembre 2019 ;
4. organiser des élections libres, transparentes et inclusives sur la base d’un Fichier électoral
consensuel reflétant fidèlement la réalité du corps électoral ;
5. ouvrir un dialogue de bonne foi avec l’Opposition, conformément à la demande du Conseil
interreligieux, pour aplanir les divergences et organiser des élections libres, transparentes et
inclusives aussi bien pour les législatives que la présidentielle de 2020 ;
6. diligenter des enquêtes sérieuses pour identifier et déférer devant les tribunaux les auteurs
des crimes lors des manifestations contre le troisième mandat.

Ouagadougou, le 15 Février 2020

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