Corruption à la FEGUIFOOT : la « défense » de Morthon Soumah sur l’affaire des 800 mille euros

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Le procès de l’ancien président de la fédération guinéenne de football (FEGUIFOOT), Salifou Camara (super V) et trois de ses collaborateurs s’est poursuivi ce mardi, 28 juillet 2020, au tribunal de première instance de Kaloum. Ces cadres de la plus haute instance du football guinéen sont accusés principalement d’Abus de confiance portant sur un montant de 800 mille euros, un montant qui aurait été versé à la FEGUIFOOT par la société de téléphonie MTN-Guinée pour soutenir la candidature de la Guinée pour l’organisation de la coupe d’Afrique des nations (CAN).

Pour l’audience d’aujourd’hui, c’est Aboubacar Morthon Soumah, agent comptable et ancien chef du département finance de la FEGUIFOOT, qui a été entendu par le tribunal correctionnel. Ce prévenu a clamé son innocence tout en souhaitant ne pas voir son nom associé à cette affaire qui est, à ses yeux, un moyen pour « régler des comptes », rapporte un journaliste de Guineematin.com qui a suivi les débats.

A la barre, Aboubacar Morthon Soumah s’est employé de toutes ses forces à prouver son innocence dans cette affaire de « détournement de fonds ». Pendant un long moment, cet agent comptable a expliqué pourquoi les 800 mille euros ont été versés dans le compte de la FEGUIFOOT, mais aussi sa part de gestion de ce montant qui était destiné au « comité d’organisation de la CAN) dont la tutelle était assurée par le ministère des sports. « La Guinée voulait organiser la CAN. Il n’y avait pas assez d’argent. Alors, elle a fait appel à la société MTN pour soutenir sa candidature. Mais, une société commerciale ne pouvait pas directement payer, il a fallu que MTN s’adresse à la FEGUIFOOT. Donc, c’est comme ça que ce fonds (800 mille euros) est arrivé dans le compte de la fédération guinéenne de football. Mais, ce montant a été remis au bénéficiaire qui était le comité d’organisation de la CAN », a expliqué Aboubacar Morthon Soumah avec un jargon comptable fortement discuté par les avocats de la partie civile.

Acculé de questions après sa déposition, Aboubacar Morthon Soumah se lâche brusquement : « Moi, je ne suis qu’un petit Mamadou dans cette affaire. Il ne faudrait pas qu’on se sert de moi pour régler les comptes à d’autres personnes ».

Prenant la parole, Me Doura Chérif, un des avocats de la partie civile, a laissé entendre que « tous ceux qui faisaient parties du comité de gestion des 800 mille euros doivent normalement comparaître devant le tribunal correctionnel de Kaloum pour être entendus afin que la responsabilité de chacun soit située dans cette affaire » qui oppose la FEGUIFOOT (dirigée aujourd’hui par Mamadou Antonio Souaré) à ses anciens dirigeants. Cette observation de l’avocat a été accueillie par des murmures au sein de l’auditoire, majoritairement acquis à la cause des prévenus. Le tribunal aussi a passé outre cette observation, tout en annonçant la clôture des débats et le début des réquisitions et plaidoiries. Seulement, après quelques échanges avec le ministère public, les avocats de la défense et ceux de la partie civile, la juge Hadja Mariama Doumbouya a renvoyé l’audience au 30 juillet pour cette épreuve fatidique où chacune des parties au procès va faire valoir ses arguments devant le tribunal.

A noter que ce sont Salifou Camara, dit « Super V » (président de la Féguifoot du mois d’août 2011 au mois de mars 2016), Ibrahima Blasco Barry (ancien secrétaire général de la Féguifoot), Aboubacar Morthon Soumah (ancien agent comptable) et Aly Camara, qui sont poursuivis dans cette affaire.

A suivre !

in guineematin

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